Le 4 septembre 2026
Shamonda (SHAV) : Orthobunyavirus émergent chez les bovins
La propagation du virus Shamonda Europe continue, avec des résultats confirmés dans 16 départements à date du 20 août : Ain, Ardennes, Hautes-Alpes, Calvados, Cantal, Côte d’Or, Doubs, Jura, Loire, Haute-Loire, Nièvre, Puy-de-Dôme, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Savoie, Haute-Savoie. Il a été détecté également en Allemagne, en Belgique, en Suisse et aux Pays-Bas. La présence de ce virus sur l’ensemble du territoire est très probablement imminente.
Le virus est transmis par les Culicoïdes ; il s’agit d’un vecteur biologique et non mécanique. La dissémination du virus est liée aux vecteurs mais aussi, notamment pour les déplacements à distance, aux déplacements des animaux hôtes infectés, le plus souvent pré- ou asymptomatiques.
On observe que la maladie touche les bovins de tous âges et de tout stade reproductif, avec une intensité clinique très variable d’un élevage à un autre. L’impact clinique de ce virus Shamonda-like ressemble beaucoup à l’épizootie de Schmallenberg de 2012 : à la suite d’épisodes primaires de diarrhée, de fièvre, d’abattement et de chute de production ; sont ensuite constatées des vagues abortives importantes, après 3 à 4 semaines. De plus, il est à craindre que surviennent ensuite, comme pour Schmallenberg, des malformations fœtales lors des mises-bas.
Au 20 août, seuls des élevages de bovins laitiers se sont révélés positifs aux analyses. Toutefois, le l’infection virale a été confirmée en Belgique sur un troupeau d’ovins asymptomatiques. Il n’est pas impossible que les petits ruminants ne manifestent que peu ou pas de signes cliniques durant la première phase, mais que surviennent par la suite des avortements et/ou des malformations fœtales.
A ce jour, le très faible nombre de demande d’analyses auprès des LVD/LDA et, par conséquent, l’absence de confirmation de la présence virale dans des élevages allaitants s’explique très probablement par une moindre observance des éleveurs à cette période. Cependant, il est à craindre qu’une vague abortive survienne également pour eux, de façon similaire aux élevages laitiers.
La connaissance de ce nouveau virus émergent évolue de jour en jour. Le réseau national GTV et ses relais régionaux continuent de travailler et de réfléchir au quotidien en se coordonnant très régulièrement avec la Plateforme ESA, l’ENVT, les LVD/LDA, le LNR, le CIRAD et GDS France.
Concernant ces prélèvements : Analyse à charge de l’éleveur. Il est demandé aux vétérinaires de prendre contact directement avec leurs laboratoires départementaux afin que ces derniers les orientent vers l’acheminement adéquat.
- Rappels de bonnes pratiques : bien vérifier les conditionnements d’envoi pour garantir la qualité des prélèvements et la fiabilité des analyses. une fiche de commémoratifs associés aux prélèvements est disponible via les LVD/LDA. Les informations à renseigner sont précieuses, tant pour l’aide à l’interprétation par le laboratoire d’analyses, que pour l’exploitation épidémiologique des données, ce qui permettra de faire des points de situation au niveau du territoire national (fréquence et types des signes cliniques, espèces et filières de productions touchées).
- Critères cliniques d’inclusion : prélèvements d’animaux fébriles et/ou en phase aiguë d’abattement / chute de production. Attention : la diarrhée n’est pas forcément le meilleur critère de sélection des animaux.
- Un point important : des avortements sont également rapportés, en décalé : ne pas hésiter à les faire tester SVP pour évaluer ce risque.
- (Une fiche commémoratif avec les informations epidémio-cliniques utiles sera également proposée très rapidement)
- Prélèvement : sang total sous EDTA (+ en cas d’avortement, adresser également le matériel biologique pour les recherches sur avortements : * foetus => rate, encéphale, liquide amniotique issu des « estomacs » par ponction au vacutainer ou aspiration à la seringue / * placenta => cotylédon.


