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UNE ÉTUDE SUR LES TIQUES "NUSTRALE"

Mercredi 03 janvier 2018

UNE ÉTUDE SUR LES TIQUES "NUSTRALE"

Les tiques et les agents pathogènes qu’elles transmettent étaient pratiquement inconnues en Corse jusqu'à ce qu'une étude récente initiée par l'INRA de Corte et le Cirad (Montpellier) ait permis de faire le point sur les espèces insulaires. Les tiques sont les premiers vecteurs de maladies animales dans le monde; connaître les espèces présentes sur un territoire et leurs activités s'impose pour concevoir un programme de lutte efficace.

 

Le cheptel bovin corse comme modèle d'étude

 

Le cheptel bovin, par son mode d'élevage très extensif, exploration importante du milieu et utilisation limitée de traitements acaricides, est apparu comme un modèle approprié pour faire un premier état des lieux. Durant une année, les tiques ont été prélevées mensuellement dans les trois abattoirs bovins de l’île (Cuttoli, Ponte-Leccia et Porto-Vechhio), ce qui a permis d'avoir des bovins infestés (et donc des tiques...) originaires de presque  toute la Corse! Les autres animaux (ovins, caprins, chevaux, sangliers, mouflons, cerfs, carnivores domestiques) ont aussi été prélevés grâce notamment à l'aide d'acteurs locaux (ONCFS, PNRC, vétérinaires praticiens, chasseurs).

 

Plus de 3500 tiques collectées sur un an dont près de 2 000 sur l'espèce bovine

 

Le taux d'infestation des bovins est resté élevé toute l'année variant de 49% en janvier-février à 71% en mai-juin. Huit espèces de tiques ont été identifiées sur le cheptel bovin corse: Rhipicephalus  bursa (56% des tiques prélevées), Hyalomma marginatum (21%), Hyalomma scupense (9%), Ixodes, ricinus (6%), Haemaphysalis punctata (5%), Rhipicephalus sanguineus sensu lato (2%), Rhipicephalus (Boophilus) annulatus (0,7%) et Dermacentor marginatus (0,3%).Plusieurs espèces de tiques ont montré des variations saisonnières nettes de leur activité. Une neuvième espèce a été identifiée uniquement sur des mouflons, Haemaphysalis sulcata, et des préférences d’hôtes ont été mise en évidence. Le sanglier étant majoritairement infesteé par D. marginatus alors que Hy. marginatum est l'espèce la plus collecté chez les chevaux.

 

 

 

 

Un mélange de méditerrannée et d'exotisme dans les tiques collectées en Corse!!!

 

Ce sont donc deux espèces typiquement méditerranéennes, Rh. bursa et Hy. marginatum, qui ont été le plus souvent collectées en Corse.  La découverte de Hy. scupense, vectrice notamment de la theilériose bovine tropicale (Theileria annulata), principale pathologie affectant le cheptel bovin nord africain, était moins attendue car, mis à part quelques très rares descriptions en Europe occidentale, c’est une espèce habituée aux zones plus sèches. Bien que sa présence soit cantonnée aux aires montagneuses de l’île, I. ricinus, une espèce typique des zones humides, célèbre pour sa capacité à transmettre la borréliose de Lyme, a aussi souvent été prélevée. Par ces différentes caractéristiques, le profil des espèces de tiques corses se distingue des régions méditerranéennes voisines comme la Sardaigne, la Sicile ou l’Italie continentale.

 

Plus de la moitié des tiques corses véhiculeraient au moins un agent pathogène animal et/ou humain

 

La recherche des agents pathogènes (27 bactéries, 12 parasites et un virus) dans les tiques corses est en cours à l'Anses de Maisons-Alfort mais d'ores et déjà il apparaît que plus de 55% des pools de tiques sont porteurs d'au moins un micro-organisme!

 

Vous pouvez retrouver l'article scientifique original paru dans Parasites&vectors en 2016 ainsi qu'une revue de cette étude (Point Vétérinaire d'octobre 2017) et des notions de diagnose sur les tiques en cliquant sur les liens ci-dessous.

 

SGA