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 WEST NILE, LE VIRUS IDENTIFIÉ CHEZ UN CHEVAL DE HAUTE-CORSE!

Vendredi 07 septembre 2018

WEST NILE, LE VIRUS IDENTIFIÉ CHEZ UN CHEVAL DE HAUTE-CORSE!

Une zoonose en plein développement en Europe

 

La fièvre du Nil occidental (West Nile) est une zoonose virale. Son nom vient du district de West Nile en Ouganda où le virus a été isolé pour la première fois en 1937 chez une femme souffrant d'une forte fièvre. L'infection est souvent inapparente aussi bien chez l'homme que l'animal, mais elle peut aussi entrainer des syndromes neurologiques, de fortes fièvres et être à l'origine d'une mortalité importante. La transmission du virus West Nile s’effectue par la piqûre d'un moustique femelle (le plus souvent du genre culex) préalablement infecté. Les oiseaux sont le réservoir principal du virus West Nile et assurent, avec le moustique, le cycle de transmission et l’amplification virale. Cependant, le virus peut aussi être transmis à des hôtes accidentels, principalement l’homme ou le cheval, qui représentent des "culs-de-sac épidémiologiques". Chez ces hôtes, le taux de réplication du virus dans le sang est insuffisant pour permettre sa transmission par les moustiques.

 

20 % des hommes infectés développent des symptômes et parmi eux entre 4 et 14 % décéderaient. Pour les chevaux présentant un tableau clinique (syndrome neurologique), le taux de létalité est compris entre 26 et 43%. Il n’existe pas de traitement spécifique pour la fièvre du Nil occidental, outre une thérapie symptomatique.

 

Le centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a répertorié 710 cas cliniques humains d'infection au virus du West Nile dans l'Union européenne depuis le début de l'année pour 64 décès (date arrêtée au 30 aout 2018). Les infections humaines sont donc en très forte augmentation en 2018 par rapport aux quatre années précédentes.

Durant la même période, 77 foyers équins ont également été recensés en Europe.

 

Un premier foyer équin détecté en Haute-Corse en septembre 2018

 

La Corse avait été officiellement épargnée jusqu'à aujourd'hui  de l'apparition de cas cliniques, humain ou animal, mais du fait de la multiplication des cas symptomatiques en Italie et dans une moindre mesure en France continentale, la vigilance était plus que jamais recommandée par les instances sanitaires et médicales. Selon l'ECDE, 11 cas cliniques ont été recensés en 2018 en France continentale et 327 en Italie. Durant la même période, ce sont 41 foyers équins qui ont été identifiés en Italie.

 

Ce premier cas clinique insulaire identifié chez un cheval est bien autochtone car l'animal vivait depuis plus de trois mois en Corse. L'animal présentait des signes neurologiques importants (ataxie, parésie avec des difficultés à se délacer et à se lever) ainsi qu'une hyperthémie; il a été euthanasié. Ce premier foyer équin de West Nile en Corse n'était pas inattendu car une enquête sérologique réalisée en 2016 sur des animaux de la côte orientale  avait révélé que le virus circulait déjà en Corse (Maquart et al., 2016, téléchargeable en bas de page). Des chevaux, des chiens et des moutons avaient été prélevés (n = 368) et parmi eux: 9,4 % des chevaux (9 sur 96) et 8,4 % des chiens (6 sur 71) étaient séropositifs alors que tous les moutons étaient négatifs.

 

 

Surveillance et rôle du vétérinaire sanitaire

 

Pour l'avifaune, l'ONCFS et le réseau SAGIR sont responsables de la surveillance ; notamment dans le cas de découverte de fortes mortalités chez les populations d'oiseaux. Pour la partie humaine, les sérums de patients présentant des fièvres suspectes sont testés en sérologie et la surveillance est essentiellement pilotée par l'ARS (un article est paru sur ce sujet dans la presse locale, vous pouvez le lire en cliquant ici). Le vétérinaire sanitaire est quant à lui responsable de la surveillance chez les équidés.

 

L'encéphalite West-Nile fait partie de la catégorie 1 des dangers sanitaires. En cas de suspicion chez un cheval, le vétérinaire sanitaire doit prévenir la DDCSPP, l'exploitation sera placée sous Arrêté préfectoral de mise sous surveillance (APMS). L'animal suspect doit ensuite être isolé et désinsectiser. 

 

Les prélèvements réalisés par le vétérinaire sanitaire dépendent de l'état de l'animal (tube EDTA et tube sec sur un animal vivant, encéphale sur un animal mort) et sont à envoyer avec la feuille de commémoratifs aux laboratoires référents (LDA 13 pour le sang, Anses pour l'encéphale). L'ensemble des documents nécessaires à la prise en charge d'une suspicion ainsi que la marche à suivre est téléchargeable en suivant ce lien.

 

Si la maladie est confirmée, l’exploitation est placée sous Arrêté préfectoral portant déclaration d’Infection (APDI).

 

SGA